Beltrame : après le temps de l’émotion, celui de l’indispensable analyse

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Par Sophie Durand

source : https://ripostelaique.com/beltrame-apres-le-temps-de-lemotion-celui-de-lindispensable-analyse.html

On parle à nouveau du Colonel Beltrame, cette fois parce que le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, veut lui dédier une place. Mais sur la plaque serait inscrite la formule « victime du terrorisme islamiste ». Et c’est ce qui fâche les élus de gôche. On n’aurait pas, dans la France d’aujourd’hui, le droit de dire de quoi est mort le Colonel Beltrame.

Puisqu’on en parle, profitons-en : après le temps de l’émotion, est venu celui de l’analyse.

A propos d’analyse, certains diront qu’on n’a pas à procéder à une telle analyse, que c’est indécent car cela diminuerait le héros. Ils rejoignent en cela, inconsciemment, ceux qui s’opposent à ce que l’on parle de terrorisme islamiste.

On a le droit et le devoir d’analyser ce qui s’est passé. On a bien analysé sans fin les Croisades, la guerre de Cent ans, Waterloo, et plus près de nous on dissèque encore un certain nombre de guerres. Cette mort n’est-elle pas un épisode de la guerre que nous livrent nos ennemis ? Pourquoi procéderait-on de manière différente ? Parce que nous avons particulièrement peur de cet ennemi-là ?…

Certains diront que les non militaires, dont je suis, n’ont pas voix au chapitre. Des civils n’auraient pas le droit d’analyser l’action des militaires. Je ne suis pas de cet avis. Les civils élisent au suffrage universel le président de la République, chef des armées. Nous avons un droit de regard sur l’action du président. Et donc sur son action sur les armées. La vraie question est celle de l’efficacité des militaires, et elle nous regarde tous, surtout dans la situation actuelle.

De prétendues bonnes âmes crient au scandale si on parle de débriefing, débriefing qui est pourtant d’usage après toute opération militaire ou assimilée. L’analyse est un devoir. Même si c’est pénible. Car on en tire des enseignements. Si nous la refusons, alors nous refusons ces enseignements. Refuser de se poser des questions est une lâcheté et une hypothèque sur l’avenir. Car cela va se reproduire.

D’autres bonnes âmes refusent cette analyse parce que Beltrame est pour elles définitivement sur papier glacé, vitrifié. Que craignent-elles donc ? Le héros reste un héros, même s’il y a des zones d’ombre.

On touche ici plus la hiérarchie et ses décisions que le héros lui-même ou disons le, les manques de sa formation.

On doit d’abord se poser des questions sur les décisions des chefs du Colonel Beltrame.

Guillame Faye se demande si les donneurs d’ordre ont agi conformément aux lois de la guerre :

https://www.gfaye.com/lofficier-arnaud-beltrame-etait-un-bon-militaire-et-un-exemple-ni-lun-ni-lautre/

Guillaume Faye en fait un peu trop, mais dans le fond, il a raison.

Ne se sont-ils pas comportés comme certains généraux qui pendant la première guerre mondiale, c’est un fait archi reconnu, ont envoyé des soldats se faire tuer sans aucune nécessité tactique ? Sans parler des précautions élémentaires à prendre dont la plus connue aurait dû être celle de renoncer dès le début à l’uniforme rouge qui désignait de loin les soldats à l’ennemi…

Les chefs du Colonel Beltrame n’auraient pas dû accepter qu’il se livre en otage.

En temps de guerre on a tous les droits, sauf celui de se faire tuer. On a le devoir de vaincre, disait un instructeur militaire. Attention, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas honorer nos morts, cela veut dire que chaque soldat doit au combat se pénétrer de cette formule, qui l’aidera à vaincre. Car c’est de vaincre qu’on lui demande. En temps de guerre, l’impératif catégorique, c’est la neutralisation de l’adversaire. Et rien d’autre.

L’héroïsme individuel plus ou moins romantique d’un militaire idéaliste, aussi beau que cela puisse être, ne fait pas le poids dans la guerre qu’il faut livrer pour notre pays agressé par un ennemi mortel. L’armée n’a pas à être romantique, elle a à être efficace.

Or se donner en otage ce n’est pas être efficace. C’est renoncer à gagner la guerre.

Certains ont dit que la priorité de Beltrame était de sauver l’otage, quitte à y rester. Encore une fois, en temps de guerre la priorité doit être de gagner la guerre, point. D’autres disent « je préfère un héros à un couillon qui s’est sacrifié ». Voilà un sentimentalisme bien paralysant. Or en temps de guerre on doit laisser la priorité à la raison, pas aux sentiments.

Sans parler des risques que cette reddition faisait courir aux personnes encore présentes dans les lieux, qu’aurions nous dit si lors du Débarquement de 1944 des soldats avaient tout à coup refusé d’avancer, voyant dans leurs ennemis des êtres humains à épargner, même au prix de leur propre vie ? Qu’aurions-nous dit si ces soldats s’étaient livrés en otages ?…

Nous les aurions conspués. Nous aurions dit qu’alors la bataille n’avait plus de raison d’être, et que nous étions vaincus. Vaincus sans même avoir fait la guerre… !

Les chefs du Colonel Beltrame n’auraient jamais dû l’autoriser à déposer son arme. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un militaire. Un militaire ne dépose les armes que lorsqu’il se rend. Ce genre d’héroïsme est malvenu dans l’armée, où on a besoin uniquement de bons professionnels qui accomplissent leur tâche sans état d’âme.

Comme pour la reddition, qu’aurions nous dit si en 1944 les militaires avaient déposé leurs armes au lieu de se battre ?

Quel signal donnons-nous donc aux djihadistes, à nos ennemis quels qu’ils soient ? Celui d’une armée qui se couche ? Car déposer son arme, c’est se soumettre.

Cette soumission du Colonel Beltrame au terroriste est donc un très mauvais signal donné à nos adversaires. Nos adversaires vont en retenir que l’armée peut renoncer à ce qu’elle a à faire. Encore une fois, ce sont les chefs du Colonel Beltrame qui doivent répondre de ce désastre, de cette capitulation en rase campagne. Comme le dit très bien le titre d’un article de Manuel Gomez : Beltrame a perdu, le terroriste a gagné.

https://www.dreuz.info/2018/04/23/beltrame-a-perdu-le-terroriste-a-gagne/

Le Colonel Beltrame ne s’est pas sacrifié, il a été délibérément sacrifié, que ça plaise ou non.

Car jamais ses chefs n’auraient dû accepter ce sacrifice.

Car le GIGN pouvait et devait à tout moment intervenir, quelle que soit la configuration des lieux. Il est entraîné pour cela.

Car voyons la cérémonie de l’enterrement du Colonel Beltrame : Macron n’a-t-il pas offert en holocauste Beltrame pour amadouer l’ennemi et paralyser les patriotes ? Si ce n’est pas ça, ça y ressemble furieusement.

Car on fait de nos militaires des gens faibles. A la suite de cette affaire, des cellules psychologiques ont été mises en place dans tout le pays pour aider les militaires à décharger leurs émotions. Ce serait impossible à réaliser en cas de nouveau Verdun, par exemple. Et cela les fragilise au lieu de les renforcer.

Il faudra une enquête pour répondre à ces quelques questions et à toutes les autres.

Le Colonel Beltrame reste un héros, paix à son âme. Il n’a pas dû saisir pleinement les enjeux de ce qui lui arrivait, de ce qu’on le laissait faire. Mais nous avons donné le spectacle d’une armée mise volontairement en déroute, volontairement désorganisée, tournant le dos à ses objectifs, faible, fantoche. Cela, c’est impardonnable. C’est une humiliation de l’armée. Et ce manque de respect a été orchestré par ses chefs.

Un pays qui ne fait pas respecter son armée est un pays qui est bon à prendre par l’ennemi.

Sophie Durand

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